Achat, plantation, entretien et maladies

des Hellébores

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Achat

Fleurs pastels, en habit sombre, striées, tachetées, ombrées, simples, doubles ou à collerette, vous aurez le choix chez les hybrides qui sont souvent des hybrides d'H. orientalis. Mais vous aurez aussi toute la gamme des Hellébores botaniques (voir les photos dans la classification botanique donnant accès à des fiches techniques illustrées : ce sont mes préférés, ceux que l'évolution naturelle a sélectionnées pour leurs qualités).

Prenez votre temps pour choisir : une fois en place, les Hellébores n'aiment pas être déplacés, et il leur faudra bien deux années pour prendre leur ampleur naturelle : ce serait dommage d'avoir à recommencer pour un regret sur le choix initial.

Pour affiner vos envies, n'hésitez pas à visiter des jardins pour les voir en situation, voire à les acheter en fleurs pour contrôler leur couleur. Il faut savoir que les premières floraisons ne sont pas toujours significatives, une H.guttatus ne me proposant que depuis peu des fleurs de qualité. Par ailleurs certains hybrides non stabilisés peuvent avoir une couleur qui varie. Afin d'être sûr de leur stabilité, préférez les pépinières spécialisées aux jardineries, bien qu'il soit à noter que certaines jardineries travaillent quelquefois avec ces professionnels fiables (nous avons retrouvé des plants de la pépinière belge Wilgenbroek, nommée dans nos références, sur les rayonnages d'une jardinerie locale de grande distribution).

Plus la potée est conséquente, plus vous aurez de chance de réussite : elle sera plus résistante et plus à même de  s'adapter. Pour info : sur plus de 100 Hellébores acquis, j'en ai perdu une dizaine, dont un parce que trop petit, je l'ai confondu avec une mauvaise herbe et l'ai arraché au printemps. Au moins 5 ont disparu suite à des tests en conditions inadaptées. Un capricieux H.niger m'a faussé compagnie sans que je me sente responsable...

Plantation

Ils peuvent être plantées de l'automne au printemps, mais ils seront plus faciles à surveiller si l'opération se fait au printemps. Préférez un emplacement visible de la maison : vous pourrez les voir égayer vos parterres, les fleurs bravant les conditions climatiques, en restant bien au chaud derrière votre fenêtre. Dans ce but, n'hésitez pas à les grouper par 3, en triangle, pour former un effet de masse (espacement de 40 à 70 cm selon les espèces - 50 pour H.orientalis, 70 pour H.argutifolius)

Les Hellébores aiment une terre profonde, plutôt lourde mais bien drainée et conservant une certaine fraîcheur (à mi-ombre). Ceux que j'ai plantés en situation surexposée sont plus lents à se développer, mais fleurissent néanmoins généreusement (sauf pour H.niger). H.viridis et H.dumetorum acceptent  l'ombre tandis que H.argutifolius et H.foetidus préfèrent plus de soleil. Ils aiment toutes les terrains riches en matière organique..

Helleborus niger est le seule à ne pas supporter les terrains acides ; il est aussi la plus capricieux de tous. On trouve en horticulture des cultivars de ceux-ci, désormais plus faciles à apprivoiser. Certains suggèrent de lui mettre une cloche dès novembre pour avoir des fleurs à Noël (cueillette en boutons qui éclosent en 2 ou 3 jours) : je n'ai jamais testé, je préfère les voir dans le jardin.

Préparez bien le sol : faire un trou de 40 cm de diamètre, le fond ameubli, aéré, y incorporer un engrais de fond (corne broyée) et du sable (drainage), placer la plante après l'avoir délicatement dépotée, ne pas toucher aux racines, remplir avec la terre extraite, mélangée à un bon terreau, et du sable si possible. La couronne de la plante ne doit pas être dans un creux, sinon attention à la pourriture due à l'humidité stagnante, elle doit affleurer la surface, voire même être au centre d'une légère bosse (à l'opposé de ce qui pratique habituellement). Arroser (environ 5 litres d'eau, quelque soit la saison ou le temps, il faut opérer la liaison des racines avec la terre).

Il n'y a plus qu'à attendre mais il vous faudra un peu de patience, même s'il en faut moins que pour les pivoines, il y a peu de chance pour avoir des fleurs dès la première saison.

Remarque : les transplantations doivent être pratiquées par temps humide et frais : leur système racinaire rhizomateux est très fragile et sensible au dessèchement (prendre toujours la motte de terre, ne pas chercher à dégager les racines).

Petite note concernant les semis spontanés : les plantules ne ressembleront pas forcément au pied mère car évidemment, les caractéristiques du père vont s'afficher avec plus ou moins de conviction. Seule manière de dupliquer à l'identique : la division, mais alors plus de fleurs pendant au moins une saison...

Entretien

Le rythme d'un Hellébore, c'est les tiges florales, en gros,  au cours du premier trimestre, le feuillage monte ensuite, au moment où la floraison s'achève.

A ce moment, deux façons d'envisager les choses : la première consistant à couper les tiges florales pour éviter la formation des graines, gourmande en énergie pour la plante et source de semis spontanés innombrables qu'il faudra nettoyer la saison suivante ; l'autre optique consiste à conserver la présence de ces tiges dont les sépales colorés palissant avec le temps, seront présents jusqu'au bout afin de protéger les carpelles enflés de graines (joli spectacle). J'ai jusqu'ici adopté cette pratique par curiosité, pour laisser faire la nature, pour le charme de la scène (le feuillage seul est plus triste). J'envisage désormais de ne conserver que les plus belles tiges. J'aimerais éviter également ces plantules par légion et voire même envisager une pollinisation contrôlée...hum...!!!???

A l'automne, c'est encore une question de choix. La plupart des Hellébores conservent leur feuillage pouvant rester jusqu'à son remplacement la saison suivante (en fait, il reste discrètement, pourrissant progressivement sous le nouveau feuillage). Certains préconisent de tout couper en novembre pour n'avoir que les tiges florales au moment de leur émergence. Il faut avouer que le binage est facilité sans ce feuillage qui s'appuie sur le sol.

Pour ce qui me concerne, certains Hellébores ayant un feuillage splendide en hiver, je leur laisse comme écrin de la future floraison, éliminant au fur et à mesure les feuilles brunissant sous le froid ou la neige. En même temps que je pratique ce petit nettoyage, je gratte délicatement la terre autour du pied, sans toucher la couronne et j'y incorpore de la corne torréfiée pour le long terme, très légèrement, un engrais immédiat ainsi que quelques scories potassiques, ce qui donne un coup de fouet à la plante pour son très prochain défilé de beauté. Thierry  Denis (le Jardin du Morvan) préfère l'utilisation du fumier en granulés et de la coquille d'huitre...  Ces coquilles (que l'on trouve facilement, broyées et en grande quantité, dans le rayon "aliments pour volailles") sont riches en calcium, en magnésium et oligo-éléments. Un autre solution consiste à les jeter entières (en petite quantité) dans un feu de bois. Les cendres récupérées contiennent 15% de potasse. Ce sont certainement de bonnes solutions pour les Hellébores niger et leurs hybridations (nigercors).

Votre choix sera fonction de vos goûts personnels, de votre jardin, sauvage ou soigné, du temps dont vous disposez.

Outre ces petits travaux saisonniers, l'Hellébore ne demande que peu de soins : par grandes chaleurs, arrosez si vous constatez que la terre est vraiment trop sèche, de toute façon, elle vous le fera comprendre par la tenue et la couleur du feuillage. Par ailleurs si les Hellébores ne craignent en principe pas le froid, la neige brûle les boutons floraux et la floraison qui se développe ensuite est bien triste ; seul remède : des cloches transparentes. L'hiver 2005/2006 a été pour nous un bon terrain d'expérience face à la neige : grâce aux cloches, qu'il faut penser à enlever aussitôt que la neige a disparu, et surtout que le soleil rejoue quelque peu de ses rayons (sous peine d'en faire une salade cuite), nous avons eu une floraison  intense et des fleurs intactes.

A noter que dans un jardin sauvage, si on leur laisse le temps de s'installer, rares sont les mauvaises herbes qui viendront ensuite les perturber. A conseiller pour un jardin sans souci.

Maladies

Elles sont rares chez les Hellébores. Ils ont une végétation et une floraison plus ou moins abondante selon les conditions de culture (qualité du sol, exposition, nourriture).

L'ennemi le plus fréquent et que j'ai dû combattre quelquefois, c'est le même que pour les pivoines, nécessitant les mêmes traitements : l'excès d'humidité stagnante au niveau du collet entraînant un pourrissement des tiges florales, voire foliaires, qui monte progressivement du niveau du sol. Le danger se manifeste essentiellement au printemps : surveiller alors la base de vos tiges car passé un certain stade, c'est trop tard, ce qui est au-dessous du sol est également en mauvais état et irrécupérable.

Il faut traiter de suite de la même manière que pour les pivoines (voir conseils de culture les concernant pour les noms des produits).

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